• Eric Baudier

Compte rendu de la visioconférence du 12 mai 2020

Mis à jour : il y a 6 jours


Commentaire :

Grâce à la présence du Directeur Général de Flunch, cette réunion a été bien plus constructive que les précédentes. Il a pris des engagements vis-à-vis du dialogue social au sein de l’entreprise. Nous en prenons acte. Nous sommes impatients de constater la concrétisation de cet engagement dans les restaurants.

La reprise d’activité des restaurants est souvent effectuée dans la précipition, avec des délais extrêmement courts dans le cadre de la consultation des CSEE. Les informations qui nous remontent du terrain sont que les difficultés et les manquements sont nombreux, non-consultation dans les formes requises par la loi, pression sur les élus, ordre du jour et PV préremplis, interprétation fallacieuse de l’activité partielle en ce qui concerne la possibilité de modifier les plannings des salariés au dernier moment.

À plusieurs reprises en intersyndicale, nous avons alerté la DIRECCT sur l’ensemble de ces éléments et nous continuerons à nous montrer vigilants malgré les propos, certes apaisants, mais qui ont beaucoup de mal à nous convaincre.

Présents :

Direction :

Directeur Général et Responsable des relations sociales FLUNCH

Organisations syndicales :

CGT - > 2 représentants

CFE/CGC -> 2 représentants

CFTC -> 1 représentant

CFDT -> Éric BAUDIER

CFDT -> Véronique RAKOTOMALALA

FO -> 2 représentants

Concernant l’organisation et l’information délivrée aux élus lors des réunions du CSEE

Le DSC de la CFE-CGC est intervenu pour souligner plusieurs dysfonctionnements lors des réunions dans plusieurs CSEE, notamment :

Les comptes d’exploitation

Les faits :

L’impossibilité d’obtenir les comptes d’exploitation à fin mars des restaurants, qui suite à l’intervention de la CFE-CGC, ont été rendus de nouveau accessibles le lendemain ; les réticences des présidents à fournir l’information ou lorsqu’ils fournissent cette information, elle est bien souvent parcellaire.

Réponse de la direction :

Il y a eu un dysfonctionnement informatique qui a rendu inaccessibles pendant un certain temps les comptes d’exploitation.

L’avis de la CFDT :

Comme par hasard, le lendemain de l’intervention d’un DSC auprès de la direction, le service a été rétabli après plusieurs semaines d’interruption, étrange coïncidence. Les pannes informatiques sont bien pratiques et bien sûr invérifiables.

Des ordres du jour incomplets et difficilement modifiables

Les faits :

Plusieurs élus de CSEE ont rapporté la réticence des présidents à modifier l’ordre du jour à la demande des secrétaires, en prétextant que cela émanait de la direction des ressources humaines et qu’il n’y avait pas lieu de le modifier.

Réponse de la direction :

Il est spécifié dans le message qui est adressé aux directeurs que c’est une trame et que celle-ci est modulable et que tous les directeurs ont reçu une formation appropriée pour gérer le fonctionnement du CSEE.

L’avis de la CFDT :

Cela dénote à la fois d’une crainte (l’ordre du jour émane des relations sociales) de certains directeurs et de leur manque de formation du fonctionnement des instances représentatives ou d’une stratégie délibérée pour instaurer un rapport de force. Pour beaucoup de directeurs, l’ordre du jour n’est pas négociable, il s’impose aux élus, ils ne demandent même pas l’avis des élus, envoyant un ordre du jour déjà signé et demandant simplement au secrétaire de gentiment valider, sans trop discuter et il faut trop souvent « batailler » pour rajouter des éléments à celui-ci. C’est cela le dialogue social, chez Flunch.

Un défaut de consultation et un mauvais timing de la consultation des CSEE en vue de la reprise d’activité.

Les faits :

Lors de la reprise d’activité des restaurants, il est mis à l’ordre du jour par la direction « Consultation sur le projet de réouverture du restaurant ».

En intersyndical, nous avons adressé un courrier pour indiquer que l’ordre du jour proposé par la direction n’était pas conforme aux obligations de celle-ci dans le cadre de la reprise d’activité.

Deux points doivent figurer à l’ordre du jour :

- Une information-consultation, rédigée comme suit « Information-consultation sur les modifications importantes des conditions de travail liées au covid-19 pour la reprise d’activité de la vente à emporter (art L. 2312-8 Code du Travail) » ;

- Une « Consultation sur les modifications du DUERP (document unique d’évaluation des risques professionnels) art 4121-2 Code du travail ».

Nous avons aussi rappelé que deux réunions doivent être organisées, une réunion d’information et ensuite une autre réunion de consultation, dans un délai maximum de huit jours.

Les réunions sont organisées dans l’urgence quelques jours avant l’ouverture, alors que les dates de reprise d’activités sont programmées longtemps à l’avance.

Véronique Rakotomala intervient pour préciser que souvent les directeurs imposent une durée maximale aux réunions.

Réponse de la direction :

Les ordres du jour fournis par la direction des ressources humaines ne sont qu’une trame et peuvent être modifiés à la demande des secrétaires des CSEE.

L’avis de la CFDT :

La direction fait fi, encore une fois, de ses obligations légales en prenant le risque d’un contentieux. Le dialogue social a véritablement du mal à s’installer chez Flunch et l’image qui est servie par la direction en grand comité est très éloignée de la réalité du terrain.

Un fonctionnement des instances représentatives handicapées par la non-constitution du CSEC et l’absence de réunion plénière ordinaire des CSEE.

Les faits :

À défaut d’avoir pu mettre en place le CSEC, du fait d’un différend sur la répartition d’un siège dans le collègue-cadre avec la direction, il a été convenu la mise en place d’une réunion hebdomadaire avec les représentants des organisations syndicales pour nous tenir informés de l’actualité sociale et économique de l’entreprise et que les anciennes instances du CCE comme le comité économique devaient continuées de fonctionner en attendant la mise en place des instances du CSEC. Nous avons donc réclamé d’être informés d’un certain nombre d’éléments économiques et avons souligné que les réunions plénières ordinaires du CSEE, comme prévu dans l’accord d’entreprise, celle de mars et d’avril n’ont pas eu lieu dans beaucoup de restaurants, alors que l’on enchaîne les réunions extraordinaires depuis le début de pandémie.

Réponse de la direction :

La réponse de la DIRECCT est que les anciennes instances perdurent tant que les élections des membres du CSEC n’ont pas eu lieu, or ces élections ont bien eu lieu, donc la direction réserve l’ensemble des éléments économiques aux prochaines instances. En ce qui concerne les réunions plénières ordinaires des CSEE, le contexte du confinement a grandement perturbé le fonctionnement des CSEE.

L’avis de la CFDT :

Le contexte compliqué de la configuration des instances représentatives ne doit pas servir de prétexte à la direction pour cacher des informations qui doivent être portées à la connaissance des salariés, qui sont en droit de savoir l’exact état économique et financier de l’entreprise. Il en est de même pour l’organisation des réunions ordinaires, les accords d’entreprises et le droit du travail n’ont pas été suspendus par le confinement et l’activité partielle.

Intervention du Directeur Général de Flunch

Le DG est intervenu pour présenter son parcours professionnel, très lié à son expérience de terrain notamment au sein de l’enseigne Arche. Il nous a rappelé qu’il souhaite relancer le dialogue social avec bienveillance, tolérance et une relation de confiance.

Dans le cadre de la reprise d’activité, le maître mot sera avant tout la sécurité des salariés et des clients sans tenir compte des contraintes en termes du nombre d’heures alloué.

Il souhaite insuffler une dynamique du construire ensemble dans le respect du droit et du devoir de chacun.

Il a évoqué brièvement sa vision du futur parcours client en ce qui concerne l’IN. Il a clairement précisé que les buffets sont appelés à disparaître pour laisser la place à un concept de buffet assisté.

Il a précisé qu’une réflexion est en cours en ce qui concerne les restaurants qui ont de grandes surfaces pour allouer de l’espace à des corners.

En réponse à une question, un plan de campagne a été mis en place pour prévenir les clients de l’ouverture via la carte MyFlunch.

Concernant les réponses aux questions des IRP

Les mesures de sécurité sanitaire

- Nettoyage des tenues de travail

Le nettoyage des tenues est toujours à la charge du salarié, la direction n’envisage nullement de changer cette organisation.

En ce qui concerne les vestes de réception, c’est à chaque restaurant en accord avec le CSEE de choisir la solution la plus adaptée à l’organisation du restaurant, veste individuelle ou non.

- Prise des températures

L’entreprise n’y est pas favorable, car c’est une intrusion dans le domaine de la santé.

- Mise en place de protections en plexiglas

L’entreprise a fait le choix des visières, plutôt que des protections en plexiglas. Il a été souligné la mauvaise qualité des visières. L’entreprise recherche un autre fournisseur.

- L’impact de la climatisation dans la diffusion du virus

Il n’y a pas de protocole particulier, mais la direction souhaite clarifier ce point en recueillant l’avis de spécialiste.

L’avis de la CFDT :

Il semble que concernant le nettoyage des tenues de travail, l’entreprise n’a pas pris toute la mesure du changement du contexte. En effet, si la responsabilité de l’entretien de sa tenue de travail repose sur le salarié, elle ne permet pas de garantir une sécurité sanitaire optimale, connaissant la population salariale souvent composée d’étudiants ou de salariés ne disposant pas toujours de moyens pour effectuer leur lavage à domicile, il aurait été plus sécurisant de confier cette tâche à l’entreprise.

Concernant la prise de température, cette mesure ne présente aucune garantie, en effet un salarié peut très bien ne pas avoir de température au moment de sa prise de poste et déclarer des symptômes pendant son service. De plus elle est particulièrement intrusive et pose plus de problèmes qu’elle n’en règle.

La mise en place de protections en plexiglas, même si elle n’est pas préconisée par la direction, cela n’a pas empêché de nombreux directeurs de restaurant de l’utiliser dans leur établissement et nous nous efforcerons, lors la rédaction du DURP, de faire en sorte de le mettre en place chaque fois que cela s’impose, d’autant plus que les visières protègent la partie du visage du salarié, pas sa tenue. La protection du salarié doit toujours primer sur la rentabilité.

Coût du complément à la charge de l’entreprise pour l’activité partielle

Pour le mois de mars, il est de 550 000 euros et le mois d’avril 1 000 000 euros.

L’avis de la CFDT :

Nous avions demandé une répartition par catégorie sociale professionnelle, car ces chiffres toutes catégories confondues ne nous donnent qu’un vague aperçu de l’engagement de l’entreprise, sachant que dans la catégorie employée, la majorité des salariés sont au SMIC.

L’activité partielle et la reprise d’activité

Un vif débat mené par la CGT concernant la répartition du temps de travail et de l’activité partielle entre salariés d’un même établissement lors de la reprise d’activité s’est engagé.

La direction soutient que la constitution des équipes de réouverture doit se faire sur la base du volontariat durant les deux premières semaines et que la répartition du temps de travail est faite en fonction des compétences et du type de poste à pourvoir et que cela ne nécessite pas d’une individualisation du chômage partiel. Elle précise que deux formations obligatoires de mise à niveau (les bonnes pratiques d’hygiène et de sécurité et Flunch Café) doivent être passées avant toute prise de poste.

L’avis de la CFDT :

Nous pensons qu’il s’agit bien d’une individualisation de l’activité partielle, en effet toutes les conditions sont remplies :

- Une partie seulement des salariés sont placés en activité partielle,

- Les salariés subissent une répartition différente des heures travaillées et non travaillés

- Ils relèvent de la même catégorie professionnelle et du même établissement.

Il faut donc obligatoirement, soit un accord d’entreprise, soit un avis favorable du CSEE.

Le financement de la trésorerie du groupe

La direction nous a confirmé que le groupe Agappes n’avait pas sollicité de prêt garanti par l’état, mais une ligne bilatérale d’un pôle bancaire, car les conditions sont plus avantageuses.

L’avis de la CFDT :

Nous n’avons aucune indication sur le montant ni sur la durée. C’est encore une fois de plus le minimum syndical. La règle est toujours moins j’en dis mieux c’est.

Le résultat 2019 et le montant de la participation

L’ensemble des éléments seront communiqués au niveau du CSEC, lorsqu’il sera mis en place.

L’avis de la CFDT :

À la vue de la tournure des événements, la mise en place du CSEC pourrait n’intervenir qu’à l’automne, nous risquons de connaître le montant du résultat 2019 que fin 2020, un comble.

Retour des premiers résultats économiques des restaurants tests

Trois sites ont été ouverts une première semaine, puis huit autres la seconde semaine.

Les premiers jours, le chiffre d’affaires ne dépassait pas 50 euros par jour, mais maintenant certains sites comme Saint-Quentin et Avignon font plus de 1 000 euros de chiffre d’affaires.

L’avis de la CFDT :

L’on voit bien que la vente à emporter reste toujours une activité marginale et que celle-ci ne palliera jamais notre activité de restauration à table.

Stratégie de l’IN et de l’OUT

Le DG de Flunch n’a pas caché que l’ancien modèle économique de l’enseigne était remis en question par la pandémie et les nouvelles contraintes sanitaires, que l’on devait faire table rase du passé et rebâtir une offre à partir d’une feuille blanche. En juin, il y aura une présentation de la stratégie, mais il nous annonce dès à présent qu’une réflexion est en cours concernant le parcours client dans le cadre de la reprise d’activité de la restauration à table.

Il explique que l’une des pistes explorées est de composer devant le client le plat souhaité pour ce qui est des entrées et, au niveau des plats chauds, un légume assisté.

L’offre OUT (tout ce qui est vente à emporter) et IN (vente en restaurant) sera la même offre, mais dans un emballage adapté à chacun des types de vente. Pour la livraison, un accord national a été négocié avec Uber Eat et Delivroo. Le Click and Collect va être revisité pour qu’il soit pleinement opérationnel, car de nombreux bugs ont été signalés avec pour objectif de constituer un nouveau métier à part entière. Un nouveau shooting de l’offre produit avec leur emballage est en cours.

L’ambition de l’entreprise est ce que l’offre OUT représente 20 % de l’activité à partir de l’ouverture pour atteindre un objectif de 30 % au mois d’août.

Le choix a été d’avoir comme restaurant pilote, l’établissement de Saint-Quentin.

Il n’est pas exclu de faire participer financièrement le client aux nouvelles contraintes sanitaires comme le font par exemple les salons de coiffure.

Planning des ouvertures en OUT

À date, 20 restaurants sont ouverts, 35 supplémentaires à partir du 18 mai, puis 35 autres d’ici la fin du mois, puis 60 autres en juin.

Le planning prévisionnel des restaurants sera communiqué. Pour l’ouverture de l’IN, ce sera éventuellement le 2 juin, en fonction des décisions gouvernementales.

L’avis de la CFDT :

L’avenir de l’enseigne se dessine dans la réussite ou non de cette nouvelle stratégie. Flunch ne manque pas d’atouts : une expertise, des salariés compétents et une enseigne ayant une bonne notoriété. L’inconnu est l’accueil des clients face à la nouvelle formule et le contexte économique qui s’annonce compliqué.

Diverses questions

Déblocage de la participation

La valorisation de la part Agap’Action est toujours suspendue et aucune date n’est pour l’instant envisagée, empêchant la cession des titres de l’entreprise, mais rien n’empêche de céder les investissements sur les deux autres supports, Impact ISR Rendement Solidaire et Natixis ES Monétaire.

L’avis de la CFDT :

Ce blocage est incompréhensible, car la valorisation est un mécanisme qui fonctionne en tenant compte des performances passées (que l’on connaît), mais aussi des performances futures (qui peuvent être anticipées malgré la crise), d’ailleurs depuis la crise, les entreprises cotées ont continué à être valorisées, donc pourquoi pas la part d’Agap’Action. Cela pénalise les salariés qui ont aujourd’hui besoin de leur investissement.

Cotisation des frais de santé

Notre courtier, Verspieren, nous a fait savoir que les assureurs n’envisagent pas de réduire leur cotisation durant le confinement, puisque notre régime est déficitaire.

L’avis de la CFDT :

L’utilisation d’un intermédiaire, le courtier, rend particulièrement opaque l’identité des assureurs qui contribuent aux frais de santé ou de prévoyance. La transparence n’a jamais été le point fort de l’entreprise.

Report des congés payés des salariés étrangers et des collaborateurs mariés à des étrangers

Le report des congés payés pour les salariés étrangers ainsi que les collaborateurs mariés à des étrangers est limité à 50 jours sans pouvoir en rajouter d’autres. En accord avec le CSEE, l’établissement définira les critères d’ordre de départ, en étalant les départs dans le temps.

L’avis de la CFDT :

La fermeture des frontières rend impossible pour les salariés étrangers de rejoindre leurs familles, alors qu’ils ont souvent cumulé plusieurs années de congés pour faire ce voyage. C’est une bonne mesure.

Modification du référentiel des lettres d’engagement

Le DG considère, bien que cette question n’ait pas été définitivement tranchée, que le référentiel des objectifs doit être modifié, il faut fixer des objectifs comme lors d’une ouverture, l’année précédente n’est plus un référentiel pertinent, ce pourrait être la semaine.

L’avis de la CFDT :

Pourquoi pas ou plutôt « No Comment »

Avance de la gratification annuelle

L’entreprise n’y est pas favorable et rappelle qu’a été mis en place un fonds de solidarité pour permettre une aide d’urgence.

L’avis de la CFDT :

L’avance de la gratification aurait pu être possible pour l’entreprise, car cette dépense est provisionnée chaque mois, l’argent est déjà mis de côté. Ce refus cache peut-être autre chose, comme une dénonciation en septembre de l’accord unilatéral de l’entreprise du maintien de cet avantage.

Demande d’obtenir la liste des membres élus du CSEC

Nous ne connaissons toujours pas les noms des membres élus du CSEC que nous réclamons depuis plusieurs semaines. La direction nous informe qu’elle nous fera parvenir les PV des scrutins.

L’avis de la CFDT :

Nous prenons acte de l’engagement de la direction.

Prochaine réunion mardi 19 mai avec la présentation du parcours IN.

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